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Besse, Dom Jean Martial (1861-1920) Né en Corrèze le 29 octobre 1861 dans un milieu modeste, brillant élève du séminaire de Servières, il entra en 1881 à Solesmes, dans une communauté disséminée parmi les maisons du bourg, et fit profession le 11 juillet 1883. Le moine de Ligugé. Après des études de théologie écourtées par une mauvaise santé, il fut envoyé en 1885 à Ligugé, ordonné prêtre le 19 juin 1887, nommé l'année précédente zélateur (sous-maître) du noviciat, puis maître des novices en 1890 et sous-prieur. Il avait été de 1885 à 1889 aidé par dom Chamard dans l'étude des Pères et des historiens bénédictins, travaillant les Acta Sanctorum Ordinis Sancti Benedicti et les Annales de Mabillon. En 1892 il publiait Le moine bénédictin, y définissant son idéal de la vie monastique. La même année il lançait le Bulletin de Saint-Martin et saint Benoît. Dès cette époque son esprit fécond l'entraîne à participer à des activités nombreuses qu'il aura toute sa vie bien du mal à maîtriser. La fondation de Saint-Wandrille. Il est certain que l'année 1893 qui vit dom Bourigaud souvent absent de son monastère, laissa dom Besse comme supérieur à Ligugé, lui permit de prendre un certain nombre d'initiatives, en particulier dans le projet de restauration monastique en Normandie. Souhaitant participer à cette fondation, il veut lui-même trouver une solution au problème financier, en laissant les moines subvenir par eux-mêmes à leurs propres besoins, ce qui n'était pas alors le cas dans la Congrégation de France. Selon lui, la solution serait l'ouverture d'un orphelinat, dont les membres élevés par la future communauté -comme cela se passait dans l'abbaye de Silos-, aideraient financièrement celle-ci à vivre. Avec l’abbé Audelin qui deviendra le premier bienfaiteur de l'abbaye, il imagine de créer à Saint-Wandrille deux ateliers, un de menuiserie d'église, l'autre de fabrication de vitraux. Ces projets de métiers d'art tomberont avec l'échec de la tentative d'installation de l'orphelinat. Dom Besse tentera de les faire revivre différemment dans les mois suivants, après sa rencontre avec Huysmans, au printemps de 1894 à Paris. Avec lui dom Besse entrevoit la possibilité de grouper à Saint-Wandrille "soit comme familiers, soit comme hôtes temporaires, des architectes, des peintres, des sculpteurs et des gens de lettres". Huysmans vint à Saint-Wandrille en juillet, puis en septembre 1894. L'exil de dom Besse à Silos à la fin de l'année 1894 fit échouer ses projets, il est vrai romantiques et illusoires. L'écrivain correspondra jusqu'à sa mort avec dom Besse et l'un ou l'autre des moines qu'il avait connu en Normandie. A Silos, dom Besse dirige l'école des petits oblats, y donne un cours d'histoire ecclésiastique et de littérature de 1895 à 1897, et projette un ouvrage de commentaire sur la Règle, "travail de dix ans". Revenu à Ligugé, il occupe de nouveau la charge de maître des novices de 1897 à 1902, et suit la communauté en exil à Chevetogne en Belgique.  http://www.monasterechevetogne.com/fr/indexfr.htm
L'historien monastique. Il publie alors ses ouvrages sur le monachisme africain, les moines d'Orient antérieurs au concile de Chalcédoine. Il fonde en 1905 la collection "Les Archives de la France monastique" dont la Revue Mabillon et deux volumes annuels sont l'expression. Toujours en lien avec l'abbaye de Saint-Wandrille alors en exil à Dongelberg, il publie une vie de saint Wandrille en 1904. Il donne en 1906 un volume sous le titre Les moines de l'ancienne France, période gallo-romaine et mérovingienne, réédite l'ouvrage du XVIIIème siècle de dom Beaunier sur l'état des évêchés et abbayes de France, en 8 volumes. Ce travail important fut réalisé par lui avec la méthode des érudits mauristes, qu'il avait exposée en 1900 dans Les études ecclésiastiques d'après la méthode de Mabillon. Il crée également en 1905 la revue La vie de la paroisse, et en 1913, La vie et les arts liturgiques. Cette période d'exil en Belgique et à Paris où il fait de longs séjours chez les bénédictines de la rue Monsieur dont il fut l'aumônier, fut la plus féconde de sa vie. Il déployait alors son intelligence dans une activité multiforme, par des travaux sur la vie religieuse, la liturgie, l'histoire ecclésiastique, parus dans des revues religieuses, historiques ou régionalistes, sans oublier une direction spirituelle rigoureuse. Le moine politique. Il semble que sa passion politique se soit développée à partir de 1900. Dans ses écrits antérieurs en effet, et dans sa correspondance, seules les questions purement religieuses, monastiques et historiques sont présentes. Il avait rencontré Charles Maurras vers 1900, et devint l'un de ses fidèles collaborateurs, tenant à partir de 1910 sous le pseudonyme de Jehan, la chronique religieuse de France du quotidien L'Action française. En 1909 lui avait été confiée la chaire du Syllabus à l'Institut d'Action française. Dom Besse fut au témoignage de Jean de Fabrègues "l'un des hommes qui feront le plus pour l'implantation de l'Action française dans le monde catholique". Ses idées politiques les plus marquantes sont regroupées dans Le catholicisme libéral, paru en 1911. Précédemment, il avait publié sur les mêmes thèmes : Le ralliement en 1906, Eglise et monarchie en 1910, Aux catholiques de droite en 1911, L'Eglise et les libertés modernes, et Un romantisme religieux en 1913. Il fit également revivre le journal L'Univers, et publia des chroniques dans la Gazette de France. Trop lié aux combats de l'heure, trop soucieux de stratégie politique, dom Besse ne devina pas le futur désaveu par le Saint-Siège du mouvement qu'il soutenait. Il manquait de recul sur ses propres passions, et ne comprit pas que la foi catholique ne pouvait être une arme politique au service d'un mouvement fondamentalement anticatholique par son positivisme et son culte jaloux de la nation. Le directeur spirituelles de religieuses bénédictines. Dom Besse s'occupa pendant des années des oblats bénédictins comme Huysmans, qu'il suivit avec attention, pour lesquels il publia des ouvrages de spiritualité. Le 18 août 1918, il parle à Mme Waddington-Delmas, protestante reçue dans l'Eglise par lui le 23 juin 1916, et oblate séculière depuis le 11 juillet 1918, d'un projet de réunion d'oblates à Paris, avec la création d'un centre de prière pour la conversion des protestants. "Dom Besse semble vouloir aller très vite": dès le 15 juillet 1919, il fait prendre l'habit d'oblates régulières à Mme Waddington-Delmas et à quatre jeunes femmes, rédigeant alors les premiers statuts des "Oblates régulières de saint Benoît", ne se préoccupant qu'ensuite de rechercher pour elles une maison de formation. Le 5 janvier 1920, les premières "soeurs" s'engagent à fonder une nouvelle congrégation. On voit dans cette dernière fondation son intuition agissante, mais également sa précipitation, et son absence totale de rigueur dans l'organisation, qui contraste tellement avec la rigueur de son travail historique ou littéraire acharné. S'il a un esprit visionnaire, imprégné de toute une histoire et une tradition de l'Ordre bénédictin, il ne s'embarrasse nullement, ou ne s'impose que de fort peu de contraintes, y compris de contraintes canoniques, dans ses fondations, pour ces oblates qui deviendront les Bénédictines de Sainte-Bathilde, comme pour la restauration de Saint-Wandrille. Dom Besse ne verra pas la réalisation de la congrégation des Bénédictines de Sainte-Bathilde, car il mourut à Namur le 26 juillet 1920, âgé seulement de 59 ans. Bibliographie : - Joseph Daoust, Les débuts bénédictins de Joris-Karl Huysmans, Ed.de Fontenelle, Saint-Wandrille, 1950, p. 14.
- Sr Geneviève Gallois, "Dom Besse et la rue Monsieur", in Les bénédictines de la rue Monsieur, Ed. F-X. Le Roux, Strasbourg-Paris, 1950, p. 145-153.
- Jean-Paul Besse, Dom Besse, un bénédictin monarchiste, D.U.C., Paris, 1989.
sources : Abbaye de Saint-Wandrille, Les Abbés de Fontenelle http://www.st-wandrille.com/Textes/F_Abbes.htm |