pages réalisées en partie d'après les recherches de
© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin
Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995

Marcel Villoutreix, agrégé de l'Université, professeur honoraire de Lettres supérieures, membre de la Société Française d'Onomastique, a fait depuis une quinzaine d'années des recherches approfondies sur la toponymie limousine, et en a publié les résultats, pour chacun des trois départements de la région, dans des ouvrages édités par l'Association des Antiquités Historiques du Limousin, dont il est membre actif.
Son livre est incontournable pour quiconque s'intéresse au Limousin et en ce qui nous concerne, à la Corrèze. Vous trouverez quelques éléments tirés de cet ouvrage essentiel et vendu au prix vraiment démocratique d'une quinzaine d'euros à peine ! De quoi vous convaincre de l'utilité du travail de Marcel Villoutreix. Pourquoi s'en priver ? Nous n'encouragerons en tout cas jamais les photocopies et autres moyens de reproduction tout aussi illicites des livres, partitions, photos ou disques.

PATRONYMES DE SAINTS
EN CORREZE ET LIMOUSIN

page en cours de remaniement. Merci pour votre compréhension

SAINT SATURNIN
Evêque de Toulouse et Martyr
(vers l'an 70)
fête le 29 novembre

Saint-Cernin-de-Larche
Saint-Sornin-Lavolps

saint SaturninLe premier évêque de Toulouse, saint Saturnin, martyrisé en 250, était vénéré au VIe siècle dans le territoire de Clermont où des reliques avaient été apportées. En Limousin, son nom est devenu à la fois Cernin et Sornin (issus de Saturninus).
© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)

Saint Saturnin était fils de prince et d'origine grecque. On croit qu'attiré d'abord par la réputation de saint Jean-Baptiste, il fut ensuite l'un des soixante-douze disciples du Sauveur et eut le bonheur d'être témoin de la plupart des faits de Sa vie, ainsi que de Sa Résurrection et de Son Ascension.
Après la Pentecôte, il accompagna souvent saint Pierre dans ses courses apostoliques, puis fut envoyé par lui dans les Gaules, en qualité d'évêque. Chemin faisant, il prêchait l'Evangile, fondait des chrétientés et détruisait l'empire du démon. A Arles et à Nîmes, il obtint de grands succès. A Carcassonne, il fut emprisonné pour Jésus-Christ, mais délivré par un ange. A Toulouse, une femme lépreuse fut guérie en sortant de la piscine baptismale, et ce prodige fut suivie de la conversion d'une bonne partie de la cité. De toutes parts on apportait au Saint des malades, il les guérissait par le signe de la Croix.
Saturnin prêcha encore à Auch, puis à Pampelune, en Espagne ; mais il revint à Toulouse, centre de son apostolat, qu'il devait arroser de son sang. Là, les dieux ne rendaient plus d'oracles. Les prêtres païens se concertèrent: "Si on laisse cet homme prêcher son Christ, dirent-ils, c'en est fait de notre culte." Saturnin vient à passer. La foule, ameutée par les prêtres, se saisit de lui ; on lui crie: "Sacrifiez à nos dieux, ou malheur à vous!" Pour toute réponse, Saturnin prêche Jésus-Christ. Dieu même confirme Sa doctrine par un éclatant miracle, car au même moment les idoles du temple tombent de leur piédestal et se brisent. A cette vue, la rage des païens ne se contient plus. 
Il y avait au Capitole un taureau sauvage amené pour être immolé en sacrifice ; on entoure son corps d'une grosse corde au bout de laquelle on attache le saint évêque par les pieds ; puis l'animal est lâché et frappé à coups d'aiguillons ; il se précipite, entraînant sa victime, dont le crâne est fracassé sur les marches du temple. Le taureau, poursuivant sa course effrénée à travers les rues, réduit en lambeaux le corps du martyr, jusqu'à ce qu'enfin la corde se brise et la victime reste étendue sans vie sur le chemin. C'est à cet endroit que s'élève aujourd'hui l'église qui, en souvenir, porte le nom de Notre-Dame-du-Taur. Le tombeau de l'apôtre de Toulouse est devenu célèbre par la dévotion populaire et par de nombreux prodiges.
© Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
 

SAINT CYR
fête le 16 juin

Saint-Cirgues-la-Loutre : du nom d’un martyr d’Orient, saint Cyr (latin Cyricus, nom d’origine grecque).
© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)
Cyr ou Cyrique (Saint), Cyricus (maître ou seigneur, en grec), enfant, martyr à Tarse ou à Antioche, au quatrième siècle, honoré le 16 juin.
Ce petit garçon de 5 ans provoqua un juge spécialisé dans la poursuite des chrétiens, et fut condamné à mort sous Dioclétien, avec sa mère sainte Julitte.

 

SAINT ETIENNE
fête le 26 décembre

Stephanus (couronné, en grec), diacre de la première communauté chrétienne il est aussi le premier martyr, lapidé à Jérusalem entre 31 et 36.
Saint Étienne fut le premier de ces hommes remplis de foi et de sagesse qui furent nommés diacres, et que les apôtres avaient choisis pour les aider dans leur divine mission, et principalement pour distribuer les aumônes aux pauvres. Tout en remplissant ces nouvelles fonctions, saint Étienne prêchait l'Évangile avec un zèle intrépide ; des miracles confirmèrent la doctrine qu'il annonçait, et les conversions se multipliaient parmi le peuple. Le succès des prédications de saint Étienne anima contre lui la haine des juifs, qui résolurent de le perdre. Ils le forcèrent à comparaître devant le conseil de leur nation et produisirent de faux témoins qui attestèrent qu'ils l'avaient entendu proférer des paroles de blasphème contre Moïse et contre Dieu. Interrogé par le grand prêtre, saint Étienne rappela les bienfaits que le Seigneur avait répandus sur son peuple, et comment ce peuple ingrat avait trahi et mis à mort le Juste, le Sauveur annoncé par les prophètes. Mais il parlait à des gens qui l'avaient condamné d'avance et ne voulaient point entendre sa justification. Les juifs, poussant de grands cris et se bouchant les oreilles, se jetèrent sur saint Étienne, et l'entraînant hors de la ville, le lapidèrent. Saint Étienne, à genoux, pria pour ses bourreaux au moment de recevoir le coup de la mort, s'écriant à haute voix : « Seigneur, ne leur imputez point ce péché ! » Après ces paroles, il s'endormit dans le Seigneur. Saint Étienne souffrit le martyre neuf mois après la mort de Jésus-Christ. On croit qu'il est le premier saint à qui l'Église ait consacré une fête. Ses reliques furent découvertes dans les premières années du cinquième siècle ; on en fit solennellement la translation, dont la mémoire est honorée par une fête que l'Église célèbre le 3 août.

Saint-Etienne-la-Geneste était un prieuré des débuts du Moyen Age. Le culte de saint Etienne se répandit en Occident à partir de la découverte de ses reliques en 415. Formé sur le nom Etienne et sur le latin et ancien occitan genesta, genêts.
© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)

 

SAINT EXUPERY
fête le 22 septembre

Saint-Exupéry.

Dioclétien et Maximien [...] envoyèrent dans toutes les provinces des ordres par lesquels tous ceux qui étaient en état de porter les armes devaient se rendre à Rome, afin de soumettre tous les rebelles à l'empire romain. Les lettres des empereurs furent portées au peuple de Thèbes, qui rendait, suivant le commandement divin, à Dieu ce qui était dû à Dieu et à César, ce qui appartenait à César. On leva donc une légion d'élite composée de 6.666 soldats qu'on envoya aux empereurs, afin de leur venir en aide dans les guerres justes, mais non pour porter les armes contre les chrétiens, qu'ils devaient défendre de préférence. A la tête de cette très sainte légion se trouvait l'illustre Maurice : les porte-étendards étaient Candide, Innocent, Exupère, Victor et Constantin. Dioclétien envoya contre les Gaules Maximien, qu'il s'était donné pour collègue à l'empire, avec une armée innombrable à laquelle il joignit la légion thébaine. Ils avaient été exhortés par le pape Marcellin à se laisser égorger avant que de violer la foi de J.-C. qu'ils avaient reçue.
Quand toute l'armée eut franchi les Alpes et fut arrivée à Octodunum, l'empereur ordonna que tous ceux qui étaient avec lui offrissent un sacrifice aux idoles, et s'unissent par un serment unanime contre les rebelles à l'empire et principalement contre les chrétiens. Quand les saints soldats apprirent cela, ils se retirèrent de l'armée à une distance de huit milles, et se placèrent dans un endroit agréable nommé Agaune, sur le Rhône. Aussitôt informé, Maximien leur envoya, par des soldats, l'ordre de venir de suite pour sacrifier aux dieux. Ils répondirent qu'ils ne pouvaient le faire, attendu qu'ils suivaient la foi de J.-C. Alors l'empereur, enflammé de colère, dit: "Au mépris qu'on fait de moi se joint une injure adressée au ciel, et avec moi la religion des Romains est méprisée. Que le soldat rebelle apprenne que je puis non seulement me venger, mais venger envore mes dieux". Le César envoya alors de ses soldats, avec ordre de les forcer à sacrifier aux dieux ou de les décimer sur-le-champ. Les saints présentèrent donc la tête avec joie ; chacun disputait le pas à l'autre et se hâtait de parvenir à la mort. [...]
©  La Légende dorée (recueil de Vies de Saints, ~1265) de Jacques de Voragine (~1228 - ~1298), GF Flammarion, pp. 219-220, tome2.
Après le martyre de Candide, Innocent, Exupère, Victor et Constantin leur culte se répandit peu après en Bourgogne et, au Ve siècle, saint Germain d’Auxerre fit construire une basilique qui leur était consacrée. © Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)
On construisit à Agaune, l'actuelle ville de Saint-Maurice-en-Valais, une basilique où furent enchâssées les dépouilles des martyrs. (Notons que si cet épisode a été attesté par les écrivains ecclésiastiques dès le quatrième siècle, il semble cependant peu vraisemblable à de nombreux historiens).

 

SAINT JULIEN
fête le 28 août

saint Julien de Brioude(IVe s.?). Soldat romain converti au christianisme. Sa légende rapporte que, sous le règne de Dioclétien, Julien, militaire romain en garnison à Vienne (Isère), fut converti à la foi chrétienne par un tribun, le futur saint Ferréol. Ce dernier, ayant eu vent de l'imminence d'une persécution, conseilla à son disciple de déserter. Julien se réfugia à Brioude où il fut retrouvé par une patrouille envoyée à sa recherche, et décapité à Vincella (aujourd'hui Saint-Ferréol). Sa tête fut rapportée à Vienne, où elle fut montrée à Ferréol avant qu'il soit exécuté à son tour. Les chrétiens de Vienne la placèrent avec la dépouille de Ferréol, dans le même tombeau.
Saint Julien de Brioude fut, au Ve siècle, un des saints les plus célèbres de la Gaule : Grégoire de Tours (mort en 595) consacra un livre entier (le De virtutibus sancti Iuliani) à ses miracles posthumes. Il n'avait toutefois commencé d'être vénéré que plus d'un siècle après sa mort, vers 385, après qu'une dame espagnole, pour remercier le saint de son intervention en faveur de son époux, fit élever une basilique sur son tombeau, jusqu'alors négligé. Tours et sa région furent cependant — du fait de la dévotion de Grégoire et de sa famille — un des centres les plus actifs du culte en l'honneur de Julien : l'évêque de Tours n'avait en effet pas manqué de rapporter d'un pèlerinage à Brioude des reliques non seulement destinées à la basilique consacrée par lui-même à Julien dans sa ville épiscopale, mais distribuées aussi dans plusieurs églises rurales alentour.
La date de sa fête ne fut fixée qu'au cours du deuxième quart du Ve siècle, par saint Germain d'Auxerre, alors de passage à Brioude. Quelques lustres plus tard, l'empereur Avitus (mort en 456), d'origine arverne, voulut être enseveli auprès du saint. De Tours, le culte se répandit vers le nord : il est attesté à Paris, où l'église Saint-Julien-le-Pauvre lui était originellement dédiée, ainsi qu'en Belgique. Près d'une centaine de communes en France portent son nom, et (malgré quelques confusions avec des saints homonymes) sont la plupart sous son patronage. (source : Yahoo!)
Il fut célébré au Ve siècle par le poète Sidoine Appolinaire qui a chanté en latin la gloire de Brioude (Haute-Loire) où l’on conservait ses reliques.

Saint-Julien-aux-Bois
Saint-Julien-Maumont
Saint-Julien-près-Bort
Saint-Julien-le Pèlerin (saint Julien était considéré comme le protecteur des pèlerins).
Saint-Julien-le-Vendômois : déformation tardive du nom ancien, de sens obscur, d’un petit territoire de la commune, le Vendonnais.
(et d'après Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin ; Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)

 

SAINT MARTIN
fête le 11 novembre

Évêque de Tours (Sabaria, Pannonie, v. 315 — Candes, Touraine, 397).
Né à Sabarie, en Panninie, vers l'an 316, il fut élevé à Pavie, où sa famille s'était retirée. Quoique ses parents fussent païens, il embrassa de bonne heure la foi chrétienne, et à l'âge de dix ans il fut admis au nombre des catéchumènes : on désignait sous le nom ceux qu'on instruisait pour les disposer à recevoir le baptême. Fils d'un tribun militaire, Martin n'avait que quinze ans quand il fut obligé de s'enrôler dans l'armée. Un jour, pendant un hiver rigoureux, il aperçut à la porte de la ville d'Amiens un mendiant à peine couvert de haillons et transi de froid. N'ayant plus d'argent sur lui, il coupe la moitié de son manteau et la donne à ce pauvre pour le couvrir. La nuit suivante il vit en songe Jésus-Christ revêtu de cette moitié de manteau, et il l'entendit dire aux anges qui l'entouraient : « Martin, encore catéchumène, m'a revêtu de ce manteau ». Cette vision le détermina à demander le baptême, et, peu après, ayant quitté le service, il se retira auprès de saint Hilaire, évêque de Poitiers qui l'ordonna prêtre. Martin, voulant vivre dans la solitude fonda un monastère près de Poitiers, à Ligugé (361).
C'est là que commencèrent ses miracles. Très vite, sa renommée de Martin s'étendit dans toute la Gaule, et il fut jugé digne de l'épiscopat. Le peuple de Tours le demanda pour pasteur, en 370, ce que Martin accepta. Humble, charitable, plein de zèle, il parcourut plusieurs fois la Touraine n'interrompant ses missions que pour d'autres œuvre de charité. Il entreprit également plusieurs longs voyages pour intercéder auprès des princes en faveur des malheureux.
Saint Martin aimait la solitude ; il occupait une petite cabane adossée à son église. Voulant laisser après lui des disciples qu'il aurait formés, il jeta sur les bords de la Loire les fondements de la célèbre abbaye de Marmoutier. Les religieux qu'il y établit habitaient des cellules creusées dans le roc, et s'appliquaient à la méditation, à la prière et à la transcription des livres. Saint Martin leur consacrait l'essentiel de sa vie, leur faisant de fréquentes instructions. Un jour qu'il les accompagnait dans la campagne, il s'arrête près d'une une brebis nouvellement tondue : « Voyez, leur dit-il, celle-ci observe très bien le précepte de l'Evangile ; elle avait deux robes, elle en a donné une à qui n'en avait pas. Nous devons suivre son exemple. »
Entre-temps, Martin se rapprochait de la mort. Ayant appris qu'un dissentiment s'était élevé entre les clercs de l'église de Candes, il partit malgré son grand âge et les rigueurs de la saison. Sa présence eut bientôt rétabli la paix, et il revenait à Tours, lorsqu'il fut saisi d'une fièvre violente et forcé de s'arrêter. Ses disciples peinés par son état, Martin fit cette prière : « Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse pas le travail ; que votre volonté soit faite ». Malgré le mal qui le consumait, il pria toute la nuit, les mains et les yeux élevés vers le ciel, et rendit son âme à Dieu le 11 novembre 397. Son corps fut transporté à Tours, dans la basilique qui lui fut depuis dédiée et où un tombeau lui fut érigé. La vie de saint Martin a été écrite par Sulpice Sévère, son contemporain et témoin oculaire des miracles qu'il a opérés.
sources : http://www.e-prenoms.com

Saint-Martin-la-Méanne
Saint-Martin-Sepert

 

SAINT SYLVAIN
fête le 4 mai

Saint Sylvain aurait été martyrisé au IVème siècle à Ahun dans la Creuse, par une horde de barbares venus s'enrichir des dépouilles de l'empire romain. Goths, Burgondes et Vandales pillent et détruisent villas et oppidum. Praetorium, Bretum, Acitodunum et Ivaonum sont réduits à l'état de ruines. C'est la fin de la pax romana. L'église d'Ahun lui a été consacrée. Un oratoire lui est aussi dédié à Guéret. Mise en garde de Marcel Villoutreix : à ne pas confondre avec un ermite du Berry qui portait le même nom. © Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)

Saint-Sylvain (canton d’Argentat, attestée en 861)
Saint-Solve (Sancti Silvani, 922-923)

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SAINTS LIMOUSINS

Saint-Eloy-les-Tuileries
Saint Eloi (Eligius), originaire du Limousin (il était né à Chapelat, 87) vers 588), fut orfèvre et auteur notamment du mausolée de saint Denis et de la châsse de saint Martin. Il fut aussi trésorier du roi Dagobert. Il fonda en 632 le monastère de Solignac (87).
Nommé évêque de Noyon, il contribua à la diffusion du christianisme dans le nord de la France. Il mourut en 660.
© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)

Saint-Martial-de-Gimel
Saint-Martial-Entraygues

Saint Martial, premier évêque de Limoges. Selon Grégoire de Tours, il aurait été envoyé en mission en Gaule vers le milieu du IIIe siècle. Devenu évêque de Limoges, il y mourut et y fut inhumé. Très rapidement, son tombeau fut l’objet d’un culte suivi, que contribua à répandre l’abbaye de Saint-Martial fondée sur le lieu même où se trouvait le sarcophage de saint Martial.
© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)

Saint-Pardoux-Corbier
Saint-Pardoux-la-Croisille
Saint-Pardoux-le-Neuf
Saint-Pardoux-le-Vieux
Saint-Pardoux-l’Ortigier
Saint Pardoux (Pardulfus), né à Sardent (23), jeune homme simple et pieux, de condition très modeste, fut chargé vers 670 par le comte de Limoges, de diriger la communauté monastique fondée à Guéret. Il y mena une vie très austère et mourut en 737.
© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin (Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995)

Saint-Viance. S'appelait autrefois Avolca (nom paraissant d'origine gauloise). Il s'agit donc de la substitution d'un nom de saint à un toponyme plus ancien. Ce n'est qu'après la mort de Vincentianus,  saint Viance, que l'église prit son nom.

Saint-Yrieix-le-Déjalat
Saint Yrieix (Aredius), mort en 591, était contemporain de Grégoire de Tours. Il fonda à Attanum un monastère qui est à l’origine de la ville murée de Saint-Yrieix-la-Perche (87).
Il se rendit au tombeau de saint Julien de Brioude et en rapporta des reliques, et il alla très souvent prier auprès du tombeau de saint Martin à Tours. Il fit d’ailleurs construire des églises en l’honneur de plusieurs saints dont il était allé chercher les reliques.

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NOMS DEFORMES

Saint-Aulaire (Sancta Eulalia, vers 1100)
Déformation surprenante de sainte Eulalie, martyre espagnole du début du IVe siècle.

Saint-Bazile-de-la-Roche
Saint-Bazile-de-Meyssac

Ne serait pas le nom de Basile, père et docteur de l’Eglise au IVe siècle, mais celui de Baudille ou Bauzille (Baudilius), martyr de Nîmes au IVe siècle.

Saint-Chamant
Du nom de saint Amant, évêque de Rodez au Ve siècle. On le retrouve vers 930 sous la forme Sanctus Amantius. Toponyme altéré par une mauvaise coupure de la forme occitane Sanch (du latin Sanctus) Amant, devenu San Chamant.

Saint-Ybard
De Eparchius, nom latin d’origine grecque, qui désignait un saint reclus du VIe siècle, originaire du Périgord, qui se retira près d’Angoulême et y fonda une abbaye.

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AUTRES VOCABLES
quelques autres noms de paroisses, devenues communes

Saint Agnant : Anianus, évêque d’Orléans au Ve siècle. Sauva sa ville assiégée par Attila en 451.

Saint Alpinien : Alpinianus, compagnon de saint Martial.

Saint Angel (du latin angelus, ange). Désigne l’archange saint Michel. Ce nom, attesté vers 800 en Bas-Limousin est la plus ancienne mention de ce vocable dans la région.

Sainte Anne, mère de Marie. Vocable tardif (début du Moyen Age).

Saint Augustin : Augustinus, évêque d’Hippone, docteur et père de l’Eglise (354-430)

Saint Austrille : Austregisilus, évêque de Bourges au début du VIIe siècle.

Saint Auvent : Audentius. Vocable tardif. Saint non attesté par l’histoire.

Saint Avit : évêque de Clermont, mort vers 689.

Saint Bonnet : Bonitus, évêque de Clermont au VIIe siècle. Culte fervent en Auvergne et dans les régions voisines.
Saint-Bonnet-Elvert (el Verni, vers 930 ; del Vern, 1114, du vergne). Présence d'aulnes ou vergnes (occitan vernh, masculin, vergne ; vernha, féminin, ensemble de vergnes, aulnaie).
Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle : obtenu par modernisation de la forme ancienne Saint-Bonnet-ô-Merle, attestée en 1615. Voir encore ci-dessous : Saint-Geniez-ô-Merle.

Saint Brice : Brictius, évêque de Tours, successeur de saint Martin au Ve siècle.

Sainte Catherine : Catharina (nom gréco-latin), martyre d’Alexandrie (début Ve siècle)

Saint Christophe : Christophoros (« porteur du Christ », nom grec), martyr du IIIe siècle. Culte ininterrompu du VIe siècle au Moyen Age

Saint Clément : Clemens, Clément Ier, pape (fin du Ier siècle)

Saint Cyprien : Cyprianus (nom grec), évêque de Carthage et martyr au IIIe siècle.

Saint Denis : Dionysius (nom grec), premier évêque de Paris, martyr au IIIe siècle.

Saint Dézéry, Dizier : Desiderius, Didier, évêque de Langres, martyr en 407, ou évêque de Vienne, martyr en 606-607.

Saint Domet : saint obscur

Sainte Féréole : Ferreola, saint obscur

Saint Fiel : Fidelis, saint obscur

Sainte Fortunade : Fortunata, pas de tradition historique

Saint Fréjoux, Frion : Frigio, saint obscur

Saint Gence : Gentianus, saint local

Saint Genest, Geniez : Genesius, évêque de Clermont, mort vers 660.
Saint-Geniez-ô-Merle (commune). On y trouve une ancienne préposition française. La forme latine (Sanctus Genesius prope Merle, vers 1315) signifiait : «près de Merle ». La forme francisée, conservée encore  - bien qu'elle soit peu intelligible -, avait un sens très voisin, mais exprimant en plus une idée de rattachement par l'ancienne préposition o, avec (sortie de l'usage depuis le XVIIe siècle) : « Saint-Geniez avec Merle ». Le château fort de Merle, dont subsistent des tours très imposantes, était en effet situé sur le territoire de la paroisse. Voir aussi la commune limitrophe appelée plus récemment Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle.

Saint Géraud : Geraldus, seigneur d’Aurillac, mort vers 909. Honoré comme saint sans avoir été prêtre, religieux ou martyr.

Saint Germain : Germanus, évêque d’Auxerre (Ve s.) ou de Paris (VIe s)
Saint-Germain-les-Vergnes (commune : las Bernhas, XIIe s.). Présence d'aulnes ou vergnes (occitan vernh, masculin, vergne ; vernha, féminin, ensemble de vergnes, aulnaie).

Saint Gilles : Aegidius (nom grec), ermite provençal (VIIe s).

Saint Hilaire : Hilarius (nom grec), évêque de Poitiers, docteur de l’Eglise, mort vers 368.
Saint-Hilaire-Luc
Saint-Hilaire-les-Courbes
Saint-Hilaire-Foissac
Saint-Hilaire-Peyroux
Saint-Hilaire Taurieux

Saint Hippolyte : Hippolytus (nom grec), martyr (IIIe s.).
Montaignac-Saint-Hippolyte

Saint Jouvent : Gaudentius, évêque, martyr en 475 près de Toulouse.

Saint Just : Justus, saint limousin qui, selon la tradition, serait originaire du lieu qui porte son nom, aurait vécu au IVe siècle et aurait été un compagnon de saint Hilaire de Poitiers.

Saint Léger : Leodegarius (nom germanique), évêque d’Autun, décapité dans une forêt en 679.

Saint Marc : Marcus, pape, mort en 336.

Saint Marien : Marianus, ermite cité par Grégoire de Tours.

Saint Mathurin : Maturinus, évêque de Sens (IIIe s.).

Saint Méard, Médard, Merd : Medardus, évêque de Noyon (VIe s).
Saint-Merd-de-Lapleau
Saint-Merd-les-Oussines

Saint Michel : archange. Voir saint Angel.

Saint Moreil : Maurilius, évêque d’Angers (Ve s.)

Saint Nicolas : Nicolaos (nom grec), évêque de Lycie au début du IVe siècle.

Saint Oradoux : Adorator de Lupersat (23) qui aurait été martyr en Limousin.
Sur le territoire de la paroisse de Saint-Oradoux-de-Chirouze, se trouvait Chirouze, fief important et siège d’un archiprêtré.

Saint Ouen : Audoenus (nom germanique), évêque de Rouen (VIIe s.).

Saint Pantaléon : Pantaleo (nom grec), martyr obscur d’Orient (IVe s.)

Saint Paul : apôtre

Saint Priest : Praejectus, évêque de Clermont, mort assassiné en 676.

Saint Privat : Privatus, évêque de Mende, martyr (IIIe s.)

Saint Quentin : Quintinus, martyr dans l’Aisne (Vermandois) au Ve siècle.

Saint Rémy : Remigius, évêque de Reims, mort vers 530. Son influence contribua à la conversion de Clovis qu’il baptisa, et à l’évangélisation de l’est de la France.

Saint Robert : Rotbertus (nom germanique), fondateur en 1044 de l’abbaye de la Chaise-Dieu (Haute-Loire)

Saint Sébastien : Sebastianus (nom gréco-latin), né à Narbonne, martyrisé à Rome, sur la Voie Appienne, en 288.

Saint Setiers : Sagittarius, nom d’un saint dont les reliques furent apportées tardivement dans la paroisse qui en prit le nom.
note : les fontaines sont légion en Corrèze et ont été pendant longtemps l’objet de cultes pour les effets « miraculeux » de leurs eaux. Elles sont souvent dédiées à un saint local par exemple Saint Sagittaire, protecteur et guérisseur. De nos jours encore, les pèlerins viennent puiser l’eau magique de ces « bonnes fontaines ».

Saint Sylvain : ermite et confesseur du Berry. A ne pas confondre avec saint Sylvain d’Ahun (saint Limousin)

Saint Sulpice : Sulpicius, évêque de Bourges, mort en 647.Saint Sylvestre : Silvestris, pape, mort en 335.

Saint Vitte : Vitus, compagnon de saint Maurice, martyrisé sous Dioclétien, vers 302.

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© Marcel Villoutreix : Noms de lieux du Limousin
Paris, Christine Bonneton éditeurs, 1995

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