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La firme Maugein à Tulle L'histoire a fait de la Corrèze le
principal centre de fabrication de l'accordéon en France. Cette histoire mal
connue s'est déplacée de Brive à Tulle au terme de multiples
péripéties, d'aventures humaines et musicales, de réussites industrielles et
commerciales. Cette activité, qui a touché pendant plus quatre-vingts ans des
centaines de personnes à travers toute la Corrèze, est encore vécue intensément
par beaucoup de gens comme un monde riche et coloré, prolongée aujourd'hui par
le renouveau de la firme MAUGEIN. Lors de la fête patronale de Brive du 26 août 1906, un concours d'accordéons, de vielle, de cabrette est organisé; la "Maison Dedenis" offre un instrument au vainqueur du concours d'accordéons. Le vainqueur est un certain... MAUGEIN de Tulle ! L'usine Dedenis ferme ses portes pendant la guerre de 14-18 et ne rouvre qu'à l'armistice. Elle embauche parmi ses ouvriers Jean MAUGEIN, descendu de Tulle où il est accordeur de piano. L'homme, de fort caractère et d'une intelligence vive, comprend très vite la technique du montage des accordéons. Trop vite semble-t-il au gré de la Maison Dedenis. On lui fait comprendre que sa place est ailleurs. Il rentre à Tulle et se met à réparer les accordéons puis, sans doute, à en vendre. Rapidement il s'installe dans un petit atelier de la rue du Grillon et commence à fabriquer avec un premier ouvrier M. CHAREILLE..En 1919 le fondateur de la marque
s'installe dans un petit atelier de 40 m2 rue du Docteur Faugeyron, à
Tulle, avec quatre employés. Ses deux frères Antoine et Robert le rejoignent.
D'ailleurs certains pensent que bon nombre de diatoniques MAUGEIN sont faits chez Dedenis, la "musique" étant montée et la raison sociale apposée chez MAUGEIN. En 1928, l'usine MAUGEIN compte vingt et un ouvriersLe 7 février 1933, François DEDENIS meurt. La continuité est assurée par un chef d'atelier de la maison, M. BELONY jusqu'à sa mort un peu avant les années 60. Pendant ce temps les trois frères MAUGEIN poursuivent leur route. Dés 1937, ils font construire une nouvelle usine de 3000 m2 rue d'Arsonval à Tulle. Depuis, bien des progrès ont été faits : modernisation de la fabrication, extension du parc machines en vue de rechercher une grande précision dans l'exécution.
En 1939 près de trois cents ouvriers travaillent chez MAUGEIN. La guerre survient et MAUGEIN débauche son personnel réquisitionné. Puis, après 1940, la fabrication redémarre et on réembauche une centaine d'ouvriers. Les difficultés d'approvisionnement, notamment en pièces métalliques, sont palliées par des ersatz où l'aluminium remplace le laiton et l'acier.Pendant les combats de la Libération, Tulle est durement touchée par les représailles allemandes et la firme MAUGEIN paie son tribut en hommes de valeur, blessés, déportés, voire exécutés . La Libération est là et l'accordéon est de toutes les fêtes : le monde veut oublier! La production redémarre très vite et très fort, MAUGEIN en bénéficie. La musique inexorablement change : l'Amérique et le jazz sont là ! Gus VISEUR vient chez MAUGEIN faire fabriquer le premier accordéon avec un accord baptisé "Viseur" qui deviendra l'accord "swing". Les caisses des accordéons se sont arrondies, les goûts changent. En Corrèze, le chromatique a définitivement supplanté le diatonique. les bals florissants voient naître des orchestres où l'accordéoniste est accompagné d'autres instruments. La période est excellente pour la firme MAUGEIN.
Dans les années 1950 à 1960 la production est importante chez MAUGEIN et le marché alimenté par une demande de plus en plus régionale. Mais l'accordéon entre dans une période de déclin. La guitare et le rock'n'roll s'annoncent. Les frères MAUGEIN, et l'entreprise avec eux, commencent à vieillir, les salaires baissent, la qualité et l'ambiance s'en ressentent. L'accordéon est encore perçu comme un instrument populaire mais son aventure est derrière lui. En Limousin notamment, le phénomène qui popularise Jean SEGUREL, alors en pleine gloire, masque pour de nombreuses années au niveau de la fabrication le passage de l'accordéon du stade d'instrument à part entière au statut d'instrument de la nostalgie. Les musiciens s'en détournent progressivement. Le monde du show-biz l'ignore royalement. La firme MAUGEIN, sans réellement baisser en qualité, subit cette crise qui l'anesthésie progressivement.
Dans les années 1970, MAUGEIN est complètement absent du regain d'intérêt pour le diatonique que la maison perçoit comme dépassé. En 1981, la famille fait appel à René LACHEZE, parent de la famille pour diriger l'entreprise en difficulté. René LACHEZE est toujours directeur à ce jour. La municipalité décide d'aider la firme qui appartient au patrimoine Tulliste. Elle décide la construction d'une nouvelle usine en zone industrielle de Mulatet qu'elle loue à la firme MAUGEIN en location-vente.En 1984, la nouvelle usine est inaugurée : une nouvelle aventure commence qui affirme la volonté de renouveau de la marque. Associant fabrication modernisée appliquée à un produit de facture toujours traditionnelle. © avec l'aimable autorisation de Didier Rossignolmdcn@fr.fm http://www.mdcn.fr.fm artisans
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